31 juillet

Bonjour à tous,

Vraiment désolée de vous avoir laissé quelques jours…la famille c’est sacré. J’ai déposé le chaînon suivant et j’avance dans ma lecture. Vous aurez bientôt plein d’info sur cette saga qui me plaît déjà beaucoup.

 

Bonne lecture

Le concert

Le reste de la semaine s’était écoulé sans heurt. Je ne m’étais pas évanouie au cours d’escrime, mes entraînements avec Pauline commençaient à porter leurs fruits, Tristan ne me posait aucune question alors qu’il se doutait de quelque chose.

Nous étions dans le train à destination d’Anvers. Dans quelques heures nous serions à la salle de concert.

Tristan avait réservé deux chambres dans un F1. Le retour s’effectuerait donc le lendemain. Les sacs déposés dans les chambres, nous décidâmes de manger avant d’aller à la salle.

A 20h30, commençait la première partie du concert. C’était un groupe que je ne connaissais pas mais que j’appréciais. Pauline nous abandonna pour aller aux toilettes. Au bout de cinq minutes, elle n’était toujours pas revenue et je décidais donc d’aller la chercher. Elle était à l’entrée des commodités et discutait avec un garçon. Il me tournait le dos, je ne pouvais donc voir son visage mais il avait des cheveux noirs lisses et longs, ils étaient magnifiques. Elle avait l’air de le connaître. La conversation était plutôt animée mais Pauline ne se séparait pas de son joli sourire, elle avait l’air éblouie par ce garçon. Quand elle m’aperçut, elle le poussa en lui marmonnant quelque chose au creux de l’oreille. Il voulut se tourner mais elle l’en empêcha. Elle me rejoignit rapidement.

-Pourquoi es-tu là ? s’enquit-elle avec une pointe d’agacement dans la voix.

-Cela fait plus de cinq minutes que tu es partie, j’ai cru que tu étais tombée dans le W.C. !

Elle rit à pleine gorge. Nous regagnâmes la salle. Le garçon était à nouveau en pleine conversation et toujours de dos mais cette fois-ci avec Tristan. Lui, par contre, n’avait pas le sourire. Son regard était plutôt menaçant, il émanait de lui une certaine agressivité. Le garçon en question ne devait probablement pas lui raconter des choses agréables. Lorsqu’il m’aperçut, Tristan me fixa intensément et murmura rapidement quelque chose à l’inconnu. Celui-ci s’évanouit à nouveau. J’observais Tristan, son visage était impassible mais sa mâchoire serrée et ses pupilles trahissaient une colère ardente.

-Qui est-ce ? marmonnais-je.

-Un inconnu, dit-il en me balançant son plus beau sourire, qui te trouve très jolie.

-Hein ? dis-je incrédule.

-Il t’a vue avec moi et m’a demandé si tu étais libre.

-Bizarre, il n’y a pas cinq minutes, il parlait avec Pauline.

Je ne sus pourquoi, mais je savais que Tristan me cachait délibérément le vrai motif. Je n’eus pas l’occasion de m’interroger plus sur ce garçon car Simone Simons entra sur scène. La foule se mit à hurler et le concert commença.

J’avais soif, cela faisait 1 heure que nous étions là et ma gorge était aussi sèche que le désert par quarante degrés à l’ombre. Tristan se proposa pour aller nous chercher une boisson.

J’acceptais volontiers, Pauline refusa poliment. La musique était puissante, elle m’englobait et faisait vibrer chaque parcelle de mon corps. Il y avait des danseuses enflammées, un spectacle pyrotechnique comme je n’en avais jamais vu. La foule en délire reprenait les refrains avec Simone. On aurait dit un ange descendu sur terre, sa longue chevelure rousse lui arrivait à la taille, sa peau couleur porcelaine était parfaite.

Si je ne l’avais pas touchée lors d’un autre concert, je n’aurais pu croire qu’elle était réelle tellement elle était céleste. Ce groupe faisait de l’excellente musique, je suis sûr qu’ils avaient reçu un don du ciel. Tristan me tendit ma boisson, je l’avalais d’un coup.

Le concert terminé et après les deux rappels, nous retournâmes à l’hôtel.

En chemin, mon estomac fit des sauts de cabri et des sueurs froides déposèrent un léger film sur mon visage. J’eus juste le temps de me mettre le long de la rigole et rendis tout ce que j’avais ingurgité pendant la soirée.

-Elérinna ! s’alarmèrent Tristan et Pauline. Que se passe-t-il ?

-Je ne sais pas, balbutiais-je c’est peut-être le changement de température. Mais j’ai la tête qui tourne et mon estomac aussi.

Je me relevais tant bien que mal, titubant vers eux. Le sol se rapprocha dangereusement de ma tête. Tristan me rattrapa au vol.

-Il vaut mieux que je te porte.

Je n’eus pas le temps de broncher, mes pieds ne touchaient déjà plus le sol. Ma tête ballottait au rythme de sa démarche, ce qui n’arrangeait rien à mon état. Soudain, j’aperçus une ombre qui marchait discrètement derrière nous. D’abord, je crus rêver mais lorsqu’on tourna à un carrefour, j’eus la confirmation qu’on nous suivait.

-Tristan, chuchotais-je.

-Ne te fatigue pas Elérinna, nous sommes presque arrivés.

-Tristan, repris-je, quelqu’un nous suit.

Mes mots ressemblaient à de la bouillie. Malheureusement, je n’eus pas la force de les redire.

-Elérinna, je ne comprends rien de ce que tu dis. Dors !

Nous étions arrivés à l’hôtel, le changement de température me mordit les oreilles. J’avais l’impression qu’elles chauffaient. Tristan me déposa sur mon lit et marmonna quelques phrases à Pauline.

Mon premier cours d’escrime

L’après-midi, Pauline et moi sommes allées faire les boutiques pour m’acheter la panoplie complète du parfait escrimeur. Nous arrivâmes au cours avec 10 minutes d’avance car elle m’avait expliqué que le professeur n’aimait pas les retardataires.  Nous étions dans les vestiaires lorsque nous l’entendîmes arriver. Pauline sortit de la pièce, elle allait sûrement annoncer à Monsieur Jean qu’il y avait une nouvelle, en l’occurrence moi. Elle revint après quelques minutes.

-Et alors ?

-Il est toujours heureux d’accueillir un nouveau.

Installées dans la salle avec les autres, nous attendions que le cours commence. Monsieur Jean arriva dans la salle, il était très grand et très musclé. Ses muscles saillaient en-dessous de son tee-shirt. Il avait les yeux et les cheveux noirs comme de l’encre.

-Bonjour à tous. Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’accueillir une nouvelle. Elérinna Svenson.

Il me montra du doigt. Instantanément, mon visage vira au rouge. Les autres me saluèrent.

-Bon, trêve de bavardage. Échauffement, cinq minutes de course.

Je me glissais dans le troupeau et suivi le mouvement, concentrée sur mes pieds pour ne pas tomber. Ensuite, nous nous mîmes par groupe de deux. Il nous montra un mouvement d’attaque et la parade qui l’accompagnait. Nous répétâmes ces mouvements inlassablement jusqu’à ce qu’ils soient parfaits. Au bout d’une demi-heure, j’étais épuisée mais je ne voulais pas montrer ma faiblesse. Je continuais les exercices comme les autres si bien que lorsqu’il signala la pause, je m’effondrais sur le sol sans connaissance. Quand j’ouvris les yeux, j’étais allongée sur un banc du vestiaire.

-Vous êtes allée un peu trop loin pour votre premier entraînement Mademoiselle Svenson. Vous travaillez bien mais vous n’avez pas d’endurance. Il faudra que l’on améliore cela. Maintenant habillez-vous et rentrez chez vous, je vous attends jeudi prochain.

Il se leva et sortit de la pièce. Je m’habillais sans broncher et attendis la fin du cours. Pauline et moi retournâmes au Pensionnat. C’est elle qui conduisit ma vespa pour le retour, j’étais trop épuisée pour être attentive à la route.